L’immigration et l’Islam en France

par Benkoula Sidi Mohamed El-Habib Architecte Et Docteur En Urbanisme. Maître-Assistant A l’Institut d’Architecture d’Oran (UST)

Les populations maghrébines ont commencé à affluer massivement en France à partir des années 1950, elles constituaient une main-d’oeuvre peu qualifiée qui a été exploitée selon les besoins des trente glorieuses. Ces populations constituées jusque-là de forts taux d’hommes célibataires, sont devenues une immigration résidente par l’effet de la circulaire de 1974 relative à la restriction des flux migratoires provenant du Maghreb et l’application des politiques de regroupement social des années 1980.

Depuis la «francisation» des générations issues de cette immigration par les politiques d’intégration n’a pas empêché, pour autant, leur assimilation persistante aux étrangers (1). Le traitement particularisant, mais surtout dans le sens de discriminant, qui leur est depuis réservé, dans les domaines de l’insertion scolaire et professionnelle et les difficultés qu’ils éprouvent à bénéficier des mêmes avantages octroyés socialement aux «jeunes Français de souche», handicapant leur «intégration» dans le sens de leur acceptation dans la société française. Le difficultueux rapport à l’immigration semble reposer d’une part, sur l’échec des politiques d’intégration engagées depuis les années 1970 et d’autre part, sur l’évolution d’une certaine discrimination sur fonds de déprime sociale liée pour l’essentiel aux questions de récession économique et à l’inexistence d’un véritable projet consensuel de développement dans le monde politique.

En ce sens, l’intégration culturelle des différentes générations issues de l’immigration dans un système social global capable de digérer les différences, voire de les tamiser en fonction d’un critère commun: l’égalité des chances est exposée à des représentations fermées d’une identité française prédéfinie, considérée telle qu’issue de l’histoire et présentée comme immuable. Ces représentations sont portées par une certaine population fragilisée par un vaste mouvement de désindustrialisation amorcée au cours des années 1970. Des nombreuses études montrent que les taux de chômage sont en augmentation dans les régions qui sont connues par leurs monoactivités sidérurgiques et métallurgiques des années 1970-1980, où les entreprises sont en permanente diminution d’effectifs. La forte présence des populations immigrées et maghrébines -à l’origine une immigration de main-d’oeuvre- particularise en partie ces mêmes régions. Déjà confrontées aux difficultés de l’intégration culturelle et sociale, elles comptent parmi ses rangs un nombre important de chômeurs (2). Chômage, affaiblissement de l’autorité patriarcale, cantonnement dans des parcs HLM délabrés et éloignés des centres-villes, sont autant de facteurs qui contribuent à confiner les jeunes «beurs» dans les territoires périlleux et culpabilisant de la marginalité. Ainsi, si certaines banlieues ghettoïsées ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à constituer des territoire restreints à des populations «de plus en plus exposées aux risques de la précarité économique par la tension qui y règne et les stigmates politiques et sociaux qu’elles portent, il faudrait, cependant, ne pas perdre de vue la multiplication des quartiers riches qui se dotent des techniques des plus récentes, dites de pointe, pour se protéger des intrusions «indésirées» des populations pauvres et, qui se ghettoïsent donc par d’autres modes de renfermement et d’exclusion. En d’autres termes, à qui doit s’adresser très exactement le discours de l’intégration? A une certaine population fragilisée par le poids de la relégation sociale au rang de population de deuxième catégorie, à peu près à l’image des musulmans de l’Algérie française, ou à l’ensemble des Français quelles que soient leurs origines, en raison de l’échec éminent du modèle républicain dont le fonctionnement ne semble plus correspondre au caractère pluriculturel du paysage social français contemporain?

 Dans ce contexte, la banlieue sensible est représentée comme étant le réceptacle des angoisses d’une jeunesse difficile, particulièrement quand elle est d’origine étrangère. Celle-ci est appelée à adhérer à un certain modèle républicain archaïque, parce qu’il ne semble pas correspondre aux caractères complexes et modernes de la société française et parce qu’il est affaibli en raison de l’échec des politiques d’intégration. En ce sens, confrontées à l’éclatement des banlieues en 2005 et l’importance du phénomène à l’échelle nationale, les autorités françaises n’ont eu d’autres alternatives que de recourir à quelques méthodes de répression dont la plus importante est l’application du couvre-feu. Encore une fois, l’Etat semble saturé, incapable d’inventer de produire une référence commune à la nation dans les différences de toutes sortes des différentes communautés, mais surtout incapable de répondre au malaise social des jeunes de banlieue devant ce qui leur est socialement et économiquement inaccessible, selon Edgar Morin. Dans ce contexte, la société est tuméfiée par la peur excessive des regroupements des populations de la même origine, la même appartenance confessionnelle, la même classe…

 Est-ce à dire aussi que les jeunes Français d’origine maghrébine et africaine sont appelés à demeurer, pour un certain temps, exposés à une réalité difficile: celle du repli, c’est-à-dire celle qui génère la victimisation et sous-tend le risque de dérapage social et, celle qui induit la «désintégration» face au mépris que leur témoigne la société française, un mépris résultant de la méfiance des Français de souche envers une jeunesse qui ne partage pas les mêmes repères, les mêmes valeurs, voire la même religion.

 Il est clair que dans le cas de la France, il s’agit d’interroger la notion d’immigration de l’intérieur et de l’extérieur, mais surtout de bien la contextualiser dans un calendrier historique pouvant aider à éviter les simplifications, les raccourcis, les analyses de l’évidence. Cela permettrait, peu ou prou, de limiter sa tuméfaction dans le territoire d’une certaine République franco-française qui tourne le dos à son passé comme par la glorification officielle de la colonisation, ignorant par cette attitude les rapports des Français issus de l’immigration à leur pays d’origine.

Gauche/Droite et la question de l’immigration

Jusqu’aux années 1990, le débat sur la question de l’immigration a été partagé entre une droite qui condamne lato sensu, les étrangers clandestins et les Français d’origine étrangère en mal d’intégration, d’être responsables de l’insécurité urbaine et, une gauche mollement hostile à ce positionnement afin d’éviter ce que nous appelons une «surtraumatisation» de la société française suite à l’affaire du voile islamique déclenchée dès le début des années 1980 et la montée du terrorisme islamiste des années 1990. L’écart qui sépare la gauche de la droite sur les questions relatives à l’insécurité urbaine et la stigmatisation des populations étrangères a, a priori rétréci, notamment depuis la politique jospinienne de l’alerte contre l’augmentation de l’insécurité aux fortes affinités électives.

 L’affrontement Gauche/Droite est mené sur fond de débat «moralisant et idéologique», il s’articule autour du lien supposé entre «délinquance et immigration» chez les populations africaines et «maghrébines françaises» en particulier (3). Il prend une tournure dangereuse en raison d’une certaine politique populiste qui s’en prend ouvertement aux «Etrangers de la République» en les accusant d’être les principaux responsables des soulèvements des banlieues, dites «sensibles». Le rejet de l’autre, présenté comme envahisseur, perturbateur et enfin émeutier, est la fêlure d’une République qui a beaucoup de mal à se tenir droite en étant incapable d’intégrer l’ensemble de ses citoyens, quelles que soient leurs provenances.

La difficulté d’intégration des jeunes Français-musulmans et le recours à l’Islam

En réaction au rejet de la société française, un certain nombre de jeunes Français-musulmans font appel à leur appartenance confessionnelle. Ils font usage d’une identité revendicative particulièrement religieuse qui traduit la volonté de l’affrontement, de l’opposition, de la différence, issue du désespoir et du malaise social qu’ils éprouvent. Le recours de ces jeunes à l’Islam n’est pas, cependant, socialement systémique, ni systématique.

 Selon Olivier Roy, certaines banlieues où ces jeunes sont moralement concentrés, font l’objet de processus d’ethnicisation déstructurée et d’installation d’une culture du vide, de l’ennui principalement chez les jeunes qui éprouvent un manque énorme de repères sociaux. Il explique que l’éthnicisation est une culture de bricolage, fabriquée souvent en fonction des souvenirs des pays d’origine. Chez les populations musulmanes issues de l’immigration, elle est définie comme une culture de refus, endurcie par les tentatives des politiques d’intégration ratées de l’Etat français. Certains «jeunes des banlieues», en difficulté d’insertion, recourent à la religion: ils ne connaissent pas le contenu de l’Islam mais l’utilisent comme valeur de refuge où il leur semble un certain sentiment de dignité, de droit à l’existence et au respect.

 Par ailleurs, ayant pris conscience de la frayeur que l’Islam génère chez les populations françaises de souche, certains jeunes Français-musulmans, en mal d’identité, se saisissent de cette religion pour se fabriquer une identité ethnique marquée par la volonté de l’enfermement sur soi. Celle-ci se recoupe avec une identité religieuse fondée sur des modes de reconnaissance dévoyés qui perturbent l’équilibre social de la cité ou du quartier, comme de s’organiser en bandes pour, terroriser ce qu’ils appellent «les sales Français». En ce sens, Michel Kokereff note que «les beurs ne connaissent rien à l’Islam mais sont sensibles au pouvoir de provocation du mot. Ils réintègrent l’Islam comme un fantasme signifiant dans le dialogue-provocation qu’ils entretiennent avec les «Français» parce qu’ils savent que cela fait peur et marque aussi une différence irréductible» (4). Et à partir d’un constat social et d’une faible argumentation chiffrée, il tente d’expliquer les raisons qui engendrent la sur-délinquance dans la population maghrébine. Il note à propos de ce qu’il appelle «la dérive mafieuse des cités» que les «jeunes (Maghrébins) seraient massivement toxicomanes, et pour consommer comme pour s’enrichir, ils deviendraient fatalement de jeunes trafiquants de drogue qui ne tarderaient pas à s’organiser en bandes délinquantes et armées, organisant toute une économie souterraine dans leurs cités et terrorisant les territoires environnants». (5)

 Ce qui nous semble incertain est la dissociation de la question sociale dans l’ampleur de la crise identitaire de la jeunesse musulmane de France de la médiocrité de l’environnement dans lequel elle vit. Les éléments qui freinent l’intégration des jeunes beurs sont alarmants. Si nous prenons le cas de Saint Denis où siègent l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) et où le plus grand nombre de musulmans réside, nous retiendrons que c’est dans ce département que le taux de chômage est le plus élevé. «De manière générale, le contexte démographique, social, économique et politique de ce département est extrêmement sensible». Les actifs résidant dans ce département ne représentent que 50% de l’ensemble de la population. Le taux de chômage y est le plus élevé de la région Ile-de-France (17,2 % en 1999). Dans la commune de Stains, par exemple, le chômage des hommes de 15 à 24 ans atteignait 44,9% en 1999, -33,8% de la population non scolarisée de plus de 15 ans n’ayant aucun diplôme. Parmi les actifs, on dénombrait 38,1% d’ouvriers et 36,6% d’employés en 1990, le pourcentage des ouvriers étant de 31,7 et celui des employés de 33,9 dans l’ensemble du département» (6). Remarquons que sur les chiffres énoncés ci-dessus, la population immigrée et musulmane dans sa majorité, particulièrement maghrébine n’est pas désignée spécifiquement; elle reste inclue dans la population étrangère recensée. C’est ce tabou «mythifié» que certains chercheurs tentent de mettre en évidence, voire même de vulgariser. En ce sens, Michèle Tribalat observe que «la principale difficulté de l’analyse vient de la rareté des données. Il y a dans notre pays un étrange tabou sur les origines, qui est levé progressivement». (7)

 Par ailleurs, à travers de nombreuses études récentes, il apparaît que la localisation géographique de ces populations en difficulté sous-tend la circonscription d’un territoire difficile à aborder, esseulé, investi par une population «haut risque», une jeunesse «en dérive» qui refuse les processus de socialisation. Grâce à notre observation du terrain, nous avons remarqué qu’à l’opposé des clichés des populations externes aux banlieues réputées comme étant difficiles, les jeunes qui résident dans ces quartiers pauvres ne sont pas plus dangereux, agressifs que les autres jeunes (8). Dans nos entretiens, ils se défendent de cette étiquette de population juvénile à risque, cette image semble colportée par les «démagogues (…) qui caricaturent l’insécurité en France». Ce cliché de jeunes en situation de marginalisation résidant dans des quartiers sensibles, dangereux pour les concitoyens, est une «image facile et totalement construite par ceux qui n’ont pas le courage de s’attaquer véritablement au crime organisé et aux violences les plus répandues dans notre pays» (9). Ou encore comme le note Laurent Mucchielli, à propos de la délinquance des «jeunes des banlieues»: «un certain nombre de pseudo- experts (en réalité des marchands de sécurité, des représentants de syndicats de police, des journalistes très politisés), bien implantés dans les médias, ont réussi à faire passer pour des vérités «scientifiques» un certain nombre d’affirmations et de catégories d’analyses comme: les statistiques indiqueraient une «explosion de la délinquance des mineurs», les délinquants seraient «de plus en plus jeunes et de plus en plus violents», ils n’auraient «aucun repère» et seraient «désocialisés», l’école serait «envahie», voire «submergée» par la «violence» (10).

 Enfin, toujours dans le cadre de nos entretiens, nous avons repéré de nombreuses fois l’utilisation, à la fois par les jeunes beurs et les Français «moins chanceux qui s’assimilent, à notre grand étonnement, aux Arabes», l’expression «sales Français». Celle-ci nous semble revenir que pour exprimer le dépit qu’ils éprouvent en réaction au «regard méchant», réprobateur des «autres (Français) qui les afflige et le rejet qui les marginalise. Ces jeunes ne sont pas moins mobiles que les autres jeunes de milieux plus ou moins favorisés, ils fréquentent les centres-villes, les boîtes et les bibliothèques, mais ils semblent, sans être renfermés, attachés à leur société d’entre jeunes de banlieues qu’ils opposent à la grande société de dehors laquelle «ne nous fait pas peur! Ils ne nous aiment pas, les Français».

Vers une demande d’Islam croissante

La demande d’Islam en France est un fait établi depuis l’arrivée des premières vagues d’immigration des années 1950. Elle ne caractérise pas l’ensemble des immigrés et semble stabilisée à un niveau faible, voire stationnaire jusqu’à la fin de la première moitié des années 1970. Le décollage de cette demande semble lié à la circulaire de 1974, relative à la restriction de l’immigration maghrébine. Jocelyne Cesari pense que l’établissement de cette immigration en France faisait partie, jusque-là, de l’«impensé» des pouvoirs publics.

 La population maghrébine a résidé dans des conditions lamentables. «En 1966, 43% des Algériens de France vivent dans des bidonvilles! Villeurbanne ne regroupe que 21 familles, mais il faut songer qu’à la même époque, celui de Nanterre, l’un des 89 bidonvilles autour de Paris, abrite près de 10.000 Algériens. L’absence de politique de logement, l’insuffisance des foyers d’accueil et la cherté des hôtels meublés rejettent les familles maghrébines à la périphérie des villes et les condamnent au ghetto, la marginalisation du lieu, la précarité de son habitat. Mais elles dépeignent aussi un bidonville qui reproduit l’ordre spatial des «casbahs» et vit encore au rythme convivial des traditions religieuses et des solidarités villageoises, évoqué parfois avec nostalgie.

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Ces mondes entre ciel et boue, ces «villes qui n’existent pas» ni acceptées, ni empêchées, c’est dit-on, De Gaulle, alors président de la République, qui en exigea la destruction: «C’est trop laid, c’est inhumain, changez-moi tout ça!» Un vigoureux plan de résorption de l’habitat insalubre, dès la fin des années soixante, aboutit à la construction de cités de transit «aux baraques» de métal en attendant le relogement des familles immigrées dans d’anonymes H.L.M. Cette nouvelle page de l’histoire des immigrés en terre française ne sera pas moins amère…» (1).

Dans ces conditions, une demande d’Islam «prend forme» et évolue. Selon Gilles Kepel, elle ne caractérise pas au même degré la totalité des musulmans de France. Les écarts d’appartenance à l’Islam entre générations différentes, ensuite au sein d’une même génération, sont assez importants. L’Islam est à la fois identitaire, culturel, populaire, républicain, ou stricto sensu «pluri religieux». Il semble dépendre des conjonctures économiques et sociales de chaque population et de sa localisation «géographique». D’où nos interrogations sur la nature des demandes d’Islam en termes de réalisation adaptée aux affinités religieuses de chaque groupe dans telle ou telle communauté musulmane, voire sur leur crédibilité. En termes de pratiques, pendant longtemps, les immigrés musulmans pensaient que leur présence dans un pays «non musulman» pouvait les dispenser de certaines pratiques religieuses comme la pratique des prières et le jeûne du Ramadan. Ce qui peut nous amener d’ailleurs à penser que cet état de présence temporaire résolue par les musulmans de la première génération immigrée est aussi à l’origine de l’invisibilité de l’Islam durant les décennies 1970 et 1980. En ce sens, jusqu’à la fin de la première moitié des années 1970, pour ceux qui pratiquaient, la demande de l’Islam se limitait aux salles de prière dans les foyers et les lieux de travail. Ce n’est qu’en 1981, qu’une seconde mosquée identifiée grâce à son minaret, après la grande mosquée de Paris, fut édifiée à Mantes-La-Jolie.

En plus des quelques salles de prière créées dans les entreprises, au cours des années 1970, comme les usines Renault et encouragées par les pouvoirs publics pour assurer l’installation d’une «paix sociale» selon Gilles Kepel, d’autres salles ont été créées dans des caves et des patrimoines bâtis de toute nature, abandonnés et délabrés dans les quartiers pauvres des villes centres et les banlieues dites sensibles. La majorité des musulmans de France fréquentent des mosquées établies dans des spatialités médiocres et dont le nombre varie entre 1.500 et 1.700, seulement quelques lieux de culte musulman bénéficient d’une architecture qui leur permet d’être visibles et identifiables. A Toulouse, les musulmans prient dans un parking souterrain et dans plein d’autres villes de France, ils pratiquent leur culte dans des appartements exigus. En même temps, rares sont les départements de France qui ne possèdent pas, au jour d’aujourd’hui, un projet de mosquée à réaliser (2). Récemment, en Ile de France, les autorités publiques ont annoncé la réalisation de plusieurs mosquées. Ces projets témoigneraient d’un certain changement d’état d’esprit des décideurs locaux français vis-à-vis de l’Islam. Il pourrait, cependant, s’agir d’une simple évolution dépendant pour l’essentiel des enjeux des politiques d’électorat. Ce qui signifierait que le dépôt des premières pierres n’est pas forcément aboutissement des projets de mosquées.

Méthodologie de l’étude des demandes en matière de lieux de culte

En France, la demande de l’Islam en matière de lieux de culte n’est pas définie en termes de chiffres désignant les «musulmans pratiquants». L’identification des personnes, en fonction de leurs appartenances religieuses, a quasiment disparu depuis 1872. Selon la loi française, les questions figurant dans les recensements ne doivent pas porter sur les considérations ethniques ou les appartenances religieuses des individus. D’où le recours à d’autres moyens d’investigation comme «l’observation directe (qui) montre qu’ils (les musulmans) ne se répartissent pas de manière purement aléatoire dans l’espace urbain. Les conditions politiques, économiques et sociales de l’immigration de France expliquent largement leur répartition, non seulement dans les foyers et les grands ensembles de banlieue, mais aussi dans les vieux quartiers des villes centres qui ont constitué souvent une aire de premier accueil». (3). En d’autres termes, les musulmans se répartissent géographiquement en fonction d’un immobilier peu cher, souvent éloigné à l’exception des quelques quartiers pauvres des villes-centres (4). Ainsi donc, la difficulté d’évaluer avec précision les demandes de lieux de culte musulman seuls quelques chercheurs semblent se l’expliquer par les deux éléments suivants:

– Le premier concerne la croissance des migrants en France. Celle-ci semble disproportionnelle au triste état des lieux de culte musulman. Nous remarquons, cependant, que ce constat n’est jamais suffisamment étayé dans les différentes études sociologiques que nous consultons (5). Nous sommes à même de nous interroger sur la fiabilité de ce type de constat, en particulier, s’il ne peut pas reposer sur des données chiffrées indiquant plus ou moins le nombre exact des musulmans pratiquants, la qualité des mosquées dont ils disposent, quelles que soient leur nature (visibles, invisibles) et leur capacité d’accueil.

– Le second concerne «le caractère aléatoire de la sédentarisation» de cette immigration suite aux circulaires (1974) relatives à la maîtrise de l’immigration maghrébine en particulier. Ce type de circulaires semble être à l’origine de la «sur-multiplication» des lieux de culte musulman en France. Le passage de l’immigration du statut de main-d’oeuvre mobile au statut d’immigration résidente a, en quelque sorte, déclenché le boom des mosquées de France. Des collectifs musulmans ont commencé à se constituer et ont porté les premières demandes de lieux de culte. A partir des années 1970, l’implantation des lieux de culte semble correspondre à la localisation géographique de la classe ouvrière à laquelle appartenait une grande partie de la population musulmane maghrébine. La sédentarisation de cette population s’effectue en fonction de la localisation d’un logement disponible souvent de qualité médiocre (6). Sans oublier que la croissance des associations islamiques a suivi, de manière significative, dès 1981, date de l’abrogation par les pouvoirs publics du décret de 1939 interdisant le droit d’association aux étrangers.

Frank Frégosi (7) précise que pour aborder ce type de demandes, l’interrogation en amont concerne le nombre de cultes déjà existants. Il s’agit d’identifier l’immobilier, l’état du bâti et d’étudier les demandes des associations en matière de rénovation et de projets à réaliser, donc d’avoir un aperçu objectif de la demande. Selon ce même chercheur, la demande de l’Islam matérialisé repose sur le repérage des associations gestionnaires des lieux de culte quelles que soient leurs natures (salles de prières ou mosquées). Eventuellement, même les associations musulmanes (loi de 1901 ou 1905) qui ne sont pas responsables de lieux de culte sont recensées. Ensuite, on procède à l’évaluation des besoins de ces associations. L’ensemble des acteurs des collectivités publiques, des organismes de recherche, des instituts privés et des représentants des associations musulmanes est associé aux différentes étapes des études de demandes. On n’hésite pas à consulter les associations de voisinage.

Les acteurs tentent d’évaluer le plus objectivement possible la réalité des demandes culturelles par un travail approfondi de consultations et de croisements des données. Il s’agit de mesurer les besoins des administrés en termes de lieux de culte, donc de constater si tel ou tel projet de lieu de culte correspond à une réelle demande sociale et d’éviter les demandes symboliques émanant de certains groupes qui cherchent à acquérir une plus grande représentativité publique. Cette démarche peut permettre de vérifier la nature et l’échelle du projet à réaliser, c’est-à-dire: faut-il opter pour un lieu de culte de proximité ou une grande mosquée? En terme de toutes ces démarches, c’est la décision politique qui tranche pour tel ou tel projet.

Le lieu de culte musulman dans les politiques urbaines

Comme les autres cultes, l’Islam ne fait pas figure de présence exceptionnelle dans les politiques de la ville qui s’adressent aux communautés confessionnelles. Le fait que certaines municipalités prennent l’initiative d’assigner quelques réserves foncières ou immobilières à une éventuelle activité culturelle, et cela dans le cadre de leurs politiques locales, à distinguer des politiques urbaines qui reposent sur des outils d’urbanisme précis, ne signifie pas que la loi républicaine les oblige à aller jusqu’au bout, car aucune règle juridique ne leur impose l’édification d’une quelconque spatialité en faveur de tel ou tel culte.

Ainsi, l’Islam est exposé, à notre avis, à un problématique bien plus complexe que la simple interprétation de la loi de 1905, c’est-à-dire celle de la fragmentation des pouvoirs publics. Celle-ci s’exprime parfois par une espèce d’opposition des discours nationaux et locaux. Tandis que le discours national se prononce en faveur de l’intégration de l’Islam au paysage urbain comme donnée participant au parachèvement de l’entité nationale, sur fonds moralisant et apaisant des tensions locales, le discours local n’hésite pas à exacerber les peurs des riverains, à contourner la loi sans pour autant tomber dans l’illégalité, à laisser traîner les dossiers d’instruction des permis de construire des mosquées comme en raison d’ambition élective inavouée (8). Dans ce contexte, l’appartenance à la droite ou à la gauche perd son sens, puisque bien des exemples ont montré que des politiques de gauche se sont opposés à la construction des mosquées, tandis que d’autres de droite l’ont approuvée.

Nous pouvons cependant nous interroger sur l’existence ou l’inexistence d’un quelconque électorat musulman que certains élus semblent privilégier dans leur course au pouvoir. «C’est-là où nous pouvons dire, nous déclare Frank Frégosi, que la collectivité peut intervenir, d’autant plus que les élus sont sensibles à la grande partie de la population musulmane en France qui comporte une grande partie des nationaux. Donc, il y a un argument électoral qui fonctionne. Bon nombre d’élus ont changé d’avis sur ce sujet parce qu’ils avaient pris conscience que sur leur commune ils avaient bon nombre de leurs concitoyens qui sont de confession musulmane. Donc, ils ont peur, à terme, d’avoir des retombées électorales. Auparavant, on craignait une ingérence étrangère, aujourd’hui on recherche un électorat musulman, qui n’existe pas. Toutes les enquêtes socio-électorales sur la question ont montré qu’il n’y a pas de vote musulman, comme il n’y a pas de vote juif. Mais pour les élus, ça continue à faire sens. On a beau leur démontrer que ça n’existe pas statistiquement parlant, ils continueront néanmoins d’y croire, c’est comme ça qu’on a vu des élus changer d’avis, donc se sensibiliser, faire un effort en terme de communication, allant au-devant des communautés, leur rendre visite au moment du Ramadhan, se faisant assaut de citer tel ou tel personnage de l’histoire musulmane».

Dans une étude ayant pour objet d’évaluer les comportements électoraux des habitants de quartiers d’habitat social, «les entretiens ou les sondages à la sortie des urnes ont montré que cet électorat (des beurs) ne vote pas systématiquement à gauche comme certains responsables politiques de gauche (comme de droite) ont pu le penser. Néanmoins, il apparaît que les électeurs en situation économique et sociale difficile votent à gauche, et que ceux en ascension sociale votent plus fréquemment à droite.

Ainsi, il n’existe pas un vote beur, ou même les prémices d’un vote communautaire, ce que confirment les piètres résultats des candidats d’origine maghrébine obtenus dans ces villes» (9). Dès lors, il nous semble que dans ce type de cas, l’Islam devient un «moyen de politique» pour ne reprendre qu’une expression de Gilles Kepel, qui révèle, selon nous, le mal d’insertion en terme de matérialisation de cette religion dans le paysage urbain «non musulman».

Pour comprendre cette politisation de la question de la matérialisation de l’Islam, la plupart de nos interlocuteurs font allusion à l’attentisme qui particularise les instructions des permis de construire des mosquées. Selon Jean-Claude Herrgott (10), le permis de construire qui ne devait répondre qu’aux dispositions du droit commun, semble soumis «au bon ou mauvais vouloir des élus locaux». Cette formalité est généralement tributaire d’un temps long et lent d’instruction.

En terme de temps long, le cas de la grande mosquée de Paris reste assez significatif. Il a fallu presque quatre-vingt ans pour sa réalisation, notamment depuis que l’architecte «maudit» Hector Horeau a émis, au cours de la décennie 1880, le souhait de construire une mosquée à Paris «pour appeler à nous et républicaniser les musulmans» (11). Selon Gilles Kepel, «l’idée de créer à Paris une mosquée semble devoir être attribuée, dès 1849, à la société orientale algérienne et coloniale. Toutefois, selon un haut fonctionnaire de la ville de Paris, auteur d’une brochure relatant l’histoire de la grande mosquée, «elle n’entra vraiment dans le domaine des réalisations qu’en 1895. Il était apparu à Harry Alis, le créateur du comité de l’Afrique française, qu’à l’heure où la France, grâce au développement de son empire nord-africain, devenait une grande puissance musulmane, il importait de donner à l’Islam un témoignage éclatant de sympathie par la fondation, à Paris même, d’un édifice religieux» (12). Mais ce n’est qu’en 1922 que les travaux de réalisation de la grande mosquée de Paris ont débuté. Elle est inaugurée en 1926, en présence de Moulay Youssef, Roi du Maroc.

En terme de temps lent, la mosquée de Tanger et de nombreux autres projets pâtissent de la lenteur de traitement administratif qui semble devenir, selon un fonctionnaire de la mairie de Paris «habituelle». C’est-à-dire que nous la retrouvons pratiquement dans chaque cas de mosquée à construire en France pour des motifs différents. D’ailleurs Jean-Claude Herrgott nous déclare que la construction d’une mosquée est souvent une source de problèmes immédiats avec les pouvoirs publics.

Le cas de Marseille donne une idée sur le débat houleux qui, manifestement, semble handicaper «l’intégration urbaine des populations musulmanes de France». A Marseille, le projet de mosquée est en attente depuis 1937. A l’époque, la ville comptait cinq mille musulmans. Le projet revient à la surface juste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, notamment avec le premier magistrat de la ville Gaston Defferre de 1953 à 1986. Seulement, la pression de la population pied-noir et la peur d’une certaine population qualifiée par Hervé-Vieillard Baron de «fondamentaliste» a conduit le projet à son abandon. Robert Vigouroux récupère le projet de Marseille à son compte et impose à sa réalisation par les musulmans la charge de nombreuses conditions importantes à satisfaire, comme l’évitement des monopoles des financements d’une quelconque entité, quelle que soit sa nature, la nationalité française des imams et l’adaptation des projets à leurs environnements urbains. Le 1er décembre 2004, Jean Gaudin associe le devenir du projet à la mésentente des musulmans de Marseille. Juin 2004, il renonce au projet.

Ces cas sont multiples. Les idéologies des élus semblent faire abstraction des règles conformes au droit de l’urbanisme et nous amènent, évidemment, à nous interroger sur la frontière qui sépare la loi, à titre d’exemple en matière d’instruction des permis de construire, du pouvoir administratif et politique des élus (13).

Jean-Clause Herrgott se demande «que penser d’un maire qui affirme que la mosquée doit être conforme à ses souhaits? Ce maire n’est pas dans la légalité. C’est par exemple, le cas, lorsque l’exigence municipale porte sur la suppression de locaux culturels qui pourraient servir «d’école coranique». Le maire instruit un permis de construire, il n’est pas maître d’ouvrage, qui plus est, d’un ouvrage privé qui relève de la liberté de culte, liberté que l’autorité communale n’a ni à commenter ni à définir» (14). Il apparaît clairement de cette réflexion que les maires ont tendance à abuser des pouvoirs qui leur sont conférés et qu’ils font preuve d’interventionnisme lequel ne repose sur aucune règle légale dans le droit commun.

Conclusion :

La place de l’Islam est controversée : elle renvoie à l’image d’une immigration dont la présence en France a été un produit conjoncturel des effets contraignants de la colonisation et de la décolonisation, et elle témoigne de la difficulté de réaliser la symbiose entre une France profondément marquée par l’enracinement d’une laïcité dirigée contre les religions et un monde arabe dont la référence fondamentale est l’Islam. Il nous semble qu’il est encore peu probable de parler d’une intégration de fait, accomplie et apaisée de l’Islam dans le paysage public français car les représentations et les clichés sont nombreux. Plus grave, ils sont colportés par quelques chercheurs enrôlés dans la machine de la subjectivation médiatique des discours sociopolitiques. En ce sens, l’Islam est l’objet d’une excitation houleuse des surenchères publiques.

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1-http://perso.wanadoo.fr/cultures.tsiganes/les_jeunes/maghrébins-p2histoire.htm.
2- Voir la carte qui figure dans l’article: La ville de Strasbourg soutient la construction de deux grandes mosquées, dans Le Monde/mercredi 24 mai 2000.
3- Vieillard-Baron (Hervé), de la difficulté à cerner les territoires du religieux: le cas de l’Islam en France, Annales de géographie, n°640, 2004.
4- Mozière (Liane), Péraldi (Michel), Rey (Henri) Intelligence des banlieues, Editions de l’aube, 1999.
5- «Si les faits avérés, les analyses étayées et les études sérieuses ne font pas recette, c’est qu’ils sont moins spectaculaires que les affabulations, mais c’est aussi que les pouvoirs publics, les universitaires, les militants associatifs, et tous ceux qui diffusent de l’information honnête n’ont pas su faire passer leurs idées, se faire entendre, se faire comprendre. Et s’il n’ont pas su le faire, c’est, en partie, parce qu’ils ont continué de s’exprimer dans leur jargon, sans chercher à être, un tant soit, peu pédagogues. Il faut cependant dire à leur décharge que s’ils n’ont pas su le faire, c’est sans doute aussi que la réalité sociale est complexe, qu’elle ne peut pas être décrite en trois phrases ni réduite à un ou deux slogans, qu’elle est plus rébarbative qu’un fantasme ayant toutes les apparences de la réalité». L’immigration, sujet de rhétorique et objet de polémiques par Phillipe Dewite, historien, chercheur associé Urmis-CNRS, in Immigration et intégration, l’état des savoirs, Editions
la Découverte, 1999, P.6.

6- Zahraoui (Ahsène), CNRS-IRESCO, les Algériens: de la migration à l’installation, in immigration et intégration, l’état des savoirs, Editions.
La Découverte, 1999.
7- Chercheur au CNRS, chargé de cours à l’institut d’études politiques de Strasbourg et à l’université Marc-Bloch.
8- Benkoula (Sidi Mohamed El-Habib), «La mosquée et ses enjeux d’insertion contemporaine dans les villes «non musulmanes», thèse soutenue sous la direction de madame Jocelyne Dubois-Maury, décembre 2005. Institut d’Urbanisme de Paris à Paris XII.
9- Giblin (Béatrice), Etude comparative du comportement électoral des habitants de quartiers d’habitat social entre des sites de la banlieue parisienne et de la région Nord-Pas-de-Calais, in Intelligence des banlieues, Editions de l’Aube, 1999.
10- Fonctionnaire de la préfecture de Strasbourg.
11- Ragon (Michel), Histoire de l’architecture et de l’urbanisme moderne, 1. Idéologie et pionniers 1800-1910, tome 1, Casterman, 1986, p.212.
12- Kepel (Gilles), Les banlieues de l’Islam. Naissance d’une religion en France, Edition du Seuil, Octobre 1987, p.65.
13- Interrogation que nous avons formulée avec le chercheur Henry Wackrenier, actuellement doctorant à l’IUP.
14-Herrgott(Jean-Claude),La construction des lieux de culte musulman,islamlaicite.org/IMG/pdf/LDH_sedminaire_nov_04_version_II.pdf

 

 

Notes
1-http://perso.wanadoo.fr/cultures.tsiganes/les_jeunes/maghrébins-p2histoire.htm.
2- Voir la carte qui figure dans l’article: La ville de Strasbourg soutient la construction de deux grandes mosquées, dans Le Monde/mercredi 24 mai 2000.
3- Vieillard-Baron (Hervé), de la difficulté à cerner les territoires du religieux: le cas de l’Islam en France, Annales de géographie, n°640, 2004.
4- Mozière (Liane), Péraldi (Michel), Rey (Henri) Intelligence des banlieues, Editions de l’aube, 1999.
5- «Si les faits avérés, les analyses étayées et les études sérieuses ne font pas recette, c’est qu’ils sont moins spectaculaires que les affabulations, mais c’est aussi que les pouvoirs publics, les universitaires, les militants associatifs, et tous ceux qui diffusent de l’information honnête n’ont pas su faire passer leurs idées, se faire entendre, se faire comprendre. Et s’il n’ont pas su le faire, c’est, en partie, parce qu’ils ont continué de s’exprimer dans leur jargon, sans chercher à être, un tant soit, peu pédagogues. Il faut cependant dire à leur décharge que s’ils n’ont pas su le faire, c’est sans doute aussi que la réalité sociale est complexe, qu’elle ne peut pas être décrite en trois phrases ni réduite à un ou deux slogans, qu’elle est plus rébarbative qu’un fantasme ayant toutes les apparences de la réalité». L’immigration, sujet de rhétorique et objet de polémiques par Phillipe Dewite, historien, chercheur associé Urmis-CNRS, in Immigration et intégration, l’état des savoirs, Editions
la Découverte, 1999, P.6.

6- Zahraoui (Ahsène), CNRS-IRESCO, les Algériens: de la migration à l’installation, in immigration et intégration, l’état des savoirs, Editions.
La Découverte, 1999.
7- Chercheur au CNRS, chargé de cours à l’institut d’études politiques de Strasbourg et à l’université Marc-Bloch.
8- Benkoula (Sidi Mohamed El-Habib), «La mosquée et ses enjeux d’insertion contemporaine dans les villes «non musulmanes», thèse soutenue sous la direction de madame Jocelyne Dubois-Maury, décembre 2005. Institut d’Urbanisme de Paris à Paris XII.
9- Giblin (Béatrice), Etude comparative du comportement électoral des habitants de quartiers d’habitat social entre des sites de la banlieue parisienne et de la région Nord-Pas-de-Calais, in Intelligence des banlieues, Editions de l’Aube, 1999.
10- Fonctionnaire de la préfecture de Strasbourg.
11- Ragon (Michel), Histoire de l’architecture et de l’urbanisme moderne, 1. Idéologie et pionniers 1800-1910, tome 1, Casterman, 1986, p.212.
12- Kepel (Gilles), Les banlieues de l’Islam. Naissance d’une religion en France, Edition du Seuil, Octobre 1987, p.65.
13- Interrogation que nous avons formulée avec le chercheur Henry Wackrenier, actuellement doctorant à l’IUP.
14-Herrgott(Jean-Claude),La construction des lieux de culte musulman,islamlaicite.org/IMG/pdf/LDH_sedminaire_nov_04_version_II.pdf

 

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